Accueil du site > Notre Evêque > Textes de Mgr Crepy > Homélie de la Fête de la Sainte Famille

Homélie de la Fête de la Sainte Famille

lundi 8 janvier 2018, par HV

Mgr Crepy a célébré la fête de la Sainte famille à Beauzac, le 31 décembre 2017. Voici l’homélie qu’il a prononcé à cette occasion.

La Bible nous présente une grande diversité de familles, avec des itinéraires variés et contrastés. Ainsi, en cette fête de la Sainte Famille, la famille de Jésus constitue un « modèle » familial tout à fait original et surprenant : Joseph n’est pas le père de Jésus, Marie, mère toujours vierge, a donné naissance à son fils, qui lui-même est le Fils de Dieu ! Pourtant, c’est bien dans ce cadre familial, avec Marie et Joseph, que le Christ grandira et s’épanouira : « L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. » (Lc 2, 40)

Abraham et Sara constituent un autre couple, puis une famille, tout aussi surprenants : ils sont très âgés et demeurent sans enfant. D’ailleurs, ils ont choisi leur héritier parmi leurs serviteurs. Cependant, dans leur vieillesse, ils donnent naissance à un enfant – Isaac – et reçoivent la promesse d’une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et les grains de sable de la mer ! (cf. Gn 15, 1-6) Rien n’est impossible à Dieu !

Que nous disent ces deux récits en ce jour où nous prions tout particulièrement pour nos familles ? Pour Abraham et Sara, comme pour Joseph et Marie, leur couple et leur famille ne sont pas seulement « leur affaire », mais d’abord un don de Dieu. Ainsi, accueillent-ils leur enfant dans des circonstances qu’ils étaient bien loin d’imaginer ou d’espérer. Aussi inattendu que soit le chemin tracé par Dieu, ils acceptent de s’ouvrir à ce qui leur est donné et à ce qui, pour une part, leur échappe. La vie de couple ou de famille n’est jamais déjà écrite. Elle est une des réalités dont nous ne sommes pas pleinement maîtres, mais qu’il nous faut recevoir, parfois, bien au-delà de ce que nous aurions désiré ou voulu. Il nous faut accueillir l’autre – le conjoint ou l’enfant – non pas tel que nous le rêvons mais tel qu’il est. La vie conjugale et familiale est un des lieux forts de l’existence où nous apprenons à accepter la réalité telle qu’elle est et non pas telle que nous la voulons. Dans la foi, nous accueillons celui ou celle que Dieu a mis sur notre chemin et les enfants auxquels, ensemble, nous avons transmis la vie.

Les parents font vite l’expérience que leurs enfants ne sont pas tout à fait « leurs » enfants car ils traceront leur route et leur destin à leur manière. Ceci est très clair dans l’évangile (Lc 2, 22-40) où Marie et Joseph, au temple de Jérusalem, découvrent tant de choses sur leur nouveau-né. Le vieillard Syméon désigne, devant ses parents, l’enfant comme le Sauveur tant attendu par Israël et « le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. » (Lc 2, 33) De plus, Syméon annonce à Marie que cet enfant sera pour elle source de douleur : « et toi, ton âme sera traversée d’un glaive. » (Lc 2, 35)

Marie et Joseph entendent aussi la prophétesse Anne reconnaître dans le nouveau-né « la délivrance de Jérusalem » (Lc 2,38) et en parler à tous ceux qu’elle rencontre. Ainsi, apprennent-ils très tôt à aimer l’enfant Jésus, non pas seulement avec leur propre regard mais avec un regard nouveau, forgé dans la foi et la confiance.

Si la famille se fonde dans l’amour du couple et des enfants, elle reste sans cesse à construire. Elle ne demeure vivante que si époux et enfants s’accueillent, jour après jour, avec leurs richesses et leurs fragilités, dans les joies et les peines du quotidien, les évènements heureux ou malheureux. Ce n’est pas chose facile et, bien sûr, il n’y pas de famille parfaite ni d’époux ou d’épouses parfaits ! Pourtant, dans la foi, nous sommes appelés à reconnaître en chaque membre de nos familles, une personne qui nous est donnée à aimer, à respecter et à accompagner. Nous sommes aussi invités à discerner et à accepter le projet de Dieu sur chacun ; projet parfois surprenant et dérangeant comme celui de Dieu sur ce nouveau-né qui grandira à Nazareth avec les siens. C’est ainsi ce que firent Marie et Joseph « quand ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. » (Lc 2, 39)

+ Luc Crepy Evêque du Puy-en-Velay




© 2018 - Diocèse du Puy-en-Velay| Plan du site | Espace privé | Mentions légales |  RSS 2.0 Suivre la vie du site