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Père Claude Digonnet

mercredi 13 juin 2018, par AG

Né à Tence, le 25 mai 1931, il fut ordonné le 17 décembre 1955. D’abord étudiant à Paris, il fut nommé surveillant à la Chartreuse le 7 novembre 1958 puis professeur à Brioude, le 2 septembre 1960. Fidei donum, au Cameroun, en 1964, il revint sur notre diocèse 10 ans plus tard et fut nommé vicaire à Sainte-Sigolène, le 6 septembre 1974. Délégué Diocésain à la Coopération Missionnaire, le 11 novembre 1977, professeur au grand Séminaire, le 28 juillet 1978, il repartit pour le Cameroun le 18 juillet 1980. De retour en France, il fut nommé Coordinateur du Service national des Vocations en février 1989. Responsable de la Formation Permanente, il fut aussi prêtre coopérateur au Val-Vert, le 30 juin 1995. A ces charges, se rajouta celle de Secrétaire International des groupes évangile et missions le 2 août 1996. Auxiliaire à Monistrol-sur-Loire, le 2 août 2002, il assuma la mission de formateur au Cameroun pendant 6 mois à partir du 15 août 2003. Prêtre auxiliaire à Montfaucon, depuis 2011, il y a poursuivi sa mission jusqu’à son décès, le 7 juin 2018.

Ses obsèques ont été célébrées à Tence le 12 juin 2018.

Introductionon par le Père Emmanuel Chazot

-  Claude est né le 25 mai 1931, le cinquième d’une famille de sept enfants. Il a grandi à Tence puis a été scolarisé au Collège/ Lycée du « Sacré Cœur » à Yssingeaux. Il a été ordonné prêtre le 17 décembre 1955 en la cathédrale du Puy. Trois de ses frères sont également prêtres diocésains. Les premières années de son ministère ont été orientées vers la pastorale scolaire à la Chartreuse et à Brioude comme « professeur de lettres ».
-  Le 1er janvier 1965, il débarque dans le port de Douala au Cameroun comme « prêtre fidei donum ». D’abord à N’Gaoundéré, pendant un premier séjour de dix ans, puis à Golompwy, pendant huit ans, dans le Nord du pays. Il assure la formation des jeunes comme professeur au Collège et, comme animateur, au petit Séminaire. Il s’investit également dans le développement rural et creuse des puits. Entre les deux séjours, il revient en Haute Loire comme vicaire à la paroisse de Ste Sigolène. Il est aussi chargé de la coopération missionnaire diocésaine. En 1978, il intègre l’équipe du Grand Séminaire du Puy. A la fin des deux séjours, en novembre 1988, Mgr Brincard lui demande, au nom de la Conférence épiscopale, de prendre à Paris la direction du Service National des Vocations. Pendant sept ans, il visite la plupart des diocèses de France.
-  Dès son ordination, Claude avait pris contact avec les Groupes Evangile et Mission (les GEM). En 1961, il avait fait la retraite ignatienne de discernement (« les 30 jours »). En 1979, il avait prononcé son engagement définitif dans l’Institut Séculier des Prêtres du Cœur de Jésus. En 1996, les GEM deviennent « la Famille Cor Unum » et lui demandent d’assurer leur Secrétariat International : il alterne alors un mois au Puy, à la paroisse du Valvert, un mois à Paris ou en déplacement de part le monde. Belgique ; Suisse ; Italie ; Espagne ; Angleterre ; Réunion ; Cameroun encore ; Tchad ; Brésil ; Madagascar ; Ile Maurice ; Kerala, en Inde.
-  En 2002, à la fin de son mandat GEM, il se fixe à Monistrol/Loire. Outre le travail paroissial, il milite pour le développement et participe à la naissance du « grand TOUKOU », une association qui veut jumeler France et Cameroun. Cela lui permet encore quelques séjours au pays de son cœur.
-  En 2011, à l’âge de 76 ans, il s’installe à la cure de Montfaucon pour offrir sa collaboration au travail pastoral du secteur de Dunières. Il exercera cette mission jusqu’au bout de sa vie.
-  Si Claude a été apprécié dans les multiples ministères qu’il a exercés pendant soixante trois ans, il a suscité aussi beaucoup de curiosité et d’admiration pour le style sportif de sa vie. Pratiquant une hygiène rigoureuse, sans tabac ni alcool, il était capable de s’aligner parmi les vétérans des 15 kilomètres du Puy, du semi marathon de Tence, des foulées de Saint Germain. Il était infatigable sur les sentiers de montagne, autour de Briançon ou du Mont Blanc. Infatigable encore sur son vélo, jusqu’à Lourdes, Assise, Compostelle, Czestochowa, Fatima… C’est la dernière image qu’il nous a laissée jeudi dernier dans son accident aux portes de Tence.
-  Nous l’accompagnons cet après midi dans sa randonnée vers la vie éternelle…

Homélie du Père Louis Massardier

(Romains, 8, 31-39 ; Jean 15, 8-14)

Dis-nous, Claude !... Toi qui n’étais jamais à court d’idées et de réflexions, dis-nous ce que tu penses de ces mots que nous venons d’entendre… Ils sont tellement beaux, ils nous touchent tellement que tu en aurais fait sans doute un commentaire ou même une homélie plus riche que ce que je vais en dire… En tout cas, nous t’y retrouvons, avec ton enthousiasme et ton engagement total, jusqu’au bout de ton long parcours.

• Nous venons d’entendre l’Evangile de Jean, au chapitre 15. Il y a ces deux phrases : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés… Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » On y trouve un tout petit mot : « comme », et deux fois. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Bien entendu, le mot le plus important, c’est « aimer ». Mais c’est un mot que l’on met souvent à toutes les sauces. Jésus ajoute : « Aimez-vous… comme je vous ai aimés ». Il faut alors porter notre regard sur Jésus. La manière dont il nous a aimés, c’est raconté dans l’Evangile. Il aimait tout le monde, il renversait les barrières entre les pécheurs et ceux qui se croyaient justes, entre les humbles et ceux qui se croyaient savants, entre les infirmes et ceux qui se croyaient bien portants, entre les pauvres et les riches, entre les exclus et les notables. Nous, quand on aime, souvent, on choisit. Lui, Jésus, il aimait tout le monde, et, s’il avait une préférence, c’était pour les mal aimés. Pour aimer ainsi, il lui fallait de la force, de l’énergie. Où la trouvait-il ? La réponse nous est fournie par le second « comme », dont j’ai parlé tout à l’heure : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ».

Aimer comme Jésus qui a aimé comme le Père l’a aimé, c’est difficile, presque impossible. Et pourtant, à certains moments, chez certaines personnes, on pressent une énergie qui semble surgir du cœur même de Dieu. Claude, il me semble que tu es de ceux-là. D’autres diront peut-être comment tu as vécu et donné cet amour ; ils parleront de ton sens du partage, de l’accueil et aussi de l’écoute (même si, c’est vrai, tu aimais bien parler !)… Partage, accueil, écoute…, c’était ta manière de dire Dieu. Pour rejoindre Dieu, à la manière de Jésus, il faut passer par ce détour humain de l’amour partagé.

• Je crois aussi que le premier texte choisi par ta famille rend bien compte de ce qui était le fondement de ta vie, de ton engagement, de ton parcours. C’est l’amour de Dieu qui t’a saisi et, plus précisément, cet amour que Dieu nous a manifesté par son Fils, Jésus Christ. Car l’amour que nous avons pour Dieu ne fait que répondre à l’amour qu’il nous donne. Quand on répond à cet amour, on est toujours en déficit, bien sûr ; mais c’est cet amour fou de Dieu pour nous qui nous fait vivre, qui nous fait avancer. Dans tes pérégrinations, faites la plupart du temps pour les besoins des missions qui t’ont été confiées, tu n’as pas toujours eu la vie facile. Sans aller jusqu’aux épreuves dont nous parle saint Paul, « la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive, le massacre », tu as connu les difficultés, celles que suscitent le dépaysement, les différences de culture, la nouveauté, l’incompréhension, y compris parfois parmi tes proches ou tes confrères. Mais tu as pu « survivre » et même avancer avec cette conviction ancrée au plus profond de toi : « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ». J’ajouterai que ton parcours de chrétien et de prêtre t’a donné beaucoup de joie (cette joie promise par Jésus dans l’Evangile entendu) : une joie personnelle que tu te faisais un plaisir de partager. Elle s’exprimait dans tes paroles, dans ta convivialité, dans l’évocation du passé faite de respect et d’humour. Elle te rendait optimiste face aux tâches nouvelles et à la complexité de la mission aujourd’hui. Disons que ta joie et ton bonheur d’être prêtre étaient communicatifs, et nous t’en remercions.

Pour l’homélie de ton entrée dans la vie, j’ai voulu m’adresser à toi, Claude ; et je l’ai fait en votre nom à tous. Nous prions pour toi, mais nous comptons aussi sur toi. Près du Dieu qui t’aimait et qui te faisait vivre, tu es désormais, je l’espère, notre intercesseur. Nous ne t’oublierons pas ; toi, ne nous oublie pas ! AMEN.




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