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Père Marcel SAMUEL

Présentation et homélie des funérailles

jeudi 12 avril 2018, par AG

Né à Montregard le 15 décembre 1925, il a été ordonné le 29 juin 1950. Nommé surveillant à Yssingeaux le 1er septembre suivant, il devint vicaire à Saint-Germain, le 11 janvier 1952. Successivement curé de Josat le 20 septembre 1957, de Sanssac en 1966, puis de Saint-Hostien et Queyrières le 19 octobre 1984, il fut ensuite nommé aumônier de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes le 13 avril 1990. Curé de Saint-Pierre-Eynac le 9 octobre 1998, il participa, à la même époque, à l’aumônerie de l’Hôpital Sainte-Marie. Nommé prêtre auxiliaire sur l’ensemble paroissial de Saint-Julien-Chapteuil le 16 juin 2006, il était retiré à Paradis depuis 2015. Il s’y est éteint le samedi 7 avril. Voici la présentation et l’homélie lors des funérailles du P. Marcel Samuel, le 11 avril 2018, en l’église de Montregard.

Présentation par le frère Jean BEAL (un des neveux du Père SAMUEL)

Notre oncle Marcel était né le 15 décembre 1925 dans une famille de 8 enfants (5 garçons et 3 filles), aujourd’hui tous décédés. Il a été baptisé en cette église de Montregard sous les prénoms de Marcel-Régis. Après l’école de Montregard et le Collège du Sacré-Cœur à Yssingeaux, il va au Grand Séminaire du Puy. Alors qu’il est ordonné, le 29 juin 1950, on dénombre 14 prêtres originaires de Montregard. Il débute son ministère auprès des jeunes, comme surveillant au Collège du Sacré-Cœur. En 52, commence toute une vie en paroisse : il est successivement vicaire à Saint-Germain-Laprade, puis curé de Josat, Sainte-Marguerite et Mazeyrat-Aurouze (en 57), de Sanssac-l’Eglise (en 66), de Saint-Hostien et Queyrières (en 84), avant d’agrandir son territoire avec la paroisse de Saint-Pierre-Eynac (en 98). Il a été aussi aumônier de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes et a participé à l’aumônerie de l’Hôpital Sainte-Marie, au Puy. Au moment de la constitution de l’ensemble paroissial de Saint-Julien-Chapteuil, en 2006, il est resté à Saint-Hostien comme auxiliaire. C’est à regret qu’il quitte cette paroisse en 2015 pour l’EHPAD de Paradis, à Espaly, où il a été bien accueilli par l’ensemble du personnel et par la communauté des Frères du Sacré-Cœur. Juste auparavant, la réunion de toute sa famille à Saint-Hostien pour son jubilé de diamant lui avait donné joie et courage pour cette dernière étape. Il terminera sa route pour rejoindre dans la paix la maison du Père, le samedi 7 avril.

Marcel a bien fait son travail d’ouvrier de l’Évangile en prêchant la bonne parole et en pratiquant l’accueil des plus pauvres, et aussi de ceux qui sont loin de l’Église. Il a eu la joie de découvrir des paroisses accueillantes : merci pour les paroissiens qui l’ont bien aidé au cours de son passage parmi eux. Ses amis du Collège d’Yssingeaux comptaient beaucoup pour lui : avec eux, c’était la joie des retrouvailles. Un merci spécial à M. et Mme BONNARD qui organisaient les rencontres ; et un clin d’œil reconnaissant à Pierre CONVERS, décédé en mai 2016. Sa famille rend grâce à Dieu pour le soutien qu’il a pu apporter dans les moments difficiles et par sa présence lors des fêtes de famille. Une dernière remarque, pour terminer : Marcel avait une grande dévotion à saint Jean-François Régis, il aimait aller à La Louvesc et les retraites qu’il faisait chez les Pères le remettaient en forme. On peut penser que l’exemple de saint Régis l’avait incité à se donner lui-même à Dieu et à ses frères.

Qu’il repose en paix !

Homélie par le Père Claude DIGONNET

Frères et Sœurs,

Comment ces textes, et particulièrement cet Évangile, choisi pour la circonstance précise des funérailles d’un prêtre de notre diocèse, natif de cette paroisse où il a été baptisé,… comment ces textes peuvent-ils nous parler à nous qui sommes rassemblés cet après-midi dans cette église de Montregard ? Comment Jésus Ressuscité et l’Esprit qui nous a été donné pour toujours mieux comprendre ses paroles,… comment nous parle-t-il, pour que nos cœurs soient touchés à l’écoute de ces paroles ? Voici, au moins, comment ils me parlent à moi.

Ce qui fait la plus grande joie d’un prêtre, c’est d’être témoin de la tendresse de dieu et de voir des fidèles témoigner de cette tendresse, en se mettant au service des plus petits et des plus souffrants. Si bien que, dans de telles situations, il peut faire sienne la prière de Jésus : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange. Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout petits ». Le dimanche après Pâques – c’était dimanche dernier – a été choisi par le pape saint Jean-Paul II, comme dimanche de la Miséricorde divine. Les deux textes que la famille et les amis ont choisis pour cette messe de funérailles expriment parfaitement ce qu’on appelle la miséricorde divine, c’est-à-dire la tendresse de Dieu pour l’humanité que Jésus est venu sauver. Le Père qui seul connaît le Fils et le Fils qui seul connaît le Père témoignent l’un et l’autre de la miséricorde de Dieu. Le Fils est venu nous révéler l’amour du Père pour tous les hommes. Et Jésus s’est manifesté en toutes choses comme l’ami des hommes, spécialement des plus petits. « Tendre et miséricordieux, lent à la colère » : c’est déjà le portrait de Dieu exprimé dans un psaume, et maintes fois dans la Bible. Ainsi la première lecture allait jusqu’à dire : « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi je ne t’oublierai jamais ». C’est dire que l’amour de Dieu n’est pas seulement un amour paternel, mais un amour maternel, et même plus que cela. Et, dans l’Évangile que nous venons d’entendre, Jésus lui-même a le langage de la tendresse : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et je vous soulagerai ». En partageant notre condition humaine, Jésus se fait proche de nous et veut faire de tout homme un frère en lui offrant de devenir fils adoptif du Père par le baptême. Frère, parce que lui et nous, fils du Père : lui, Fils unique : nous, fils et filles adoptives. A tel point qu’on peut dire : Dieu nous aime comme le meilleur des pères, comme la meilleure des mères, comme le meilleur des frères. C’est cela, la miséricorde divine.

Nous pouvons remarquer, dans chacune des deux lectures, une autre caractéristique de la tendresse de Dieu. Laquelle ? C’est un amour de compassion, autre nom de la miséricorde, qui se manifeste par une préférence pour les plus petits, les oubliés, celles et ceux qui peinent sous le poids du fardeau. Aux prêtres spécialement d’être témoins de cet amour préférentiel et de le révéler à ceux qui « peinent sous le poids du fardeau ». Le pape François n’oublie pas que, dans le continent sud-américain d’où il vient, on appelait cela « l’amour préférentiel pour les pauvres ». Voilà pourquoi, comme le père Marcel SAMUEL et d’autres, comme le père Jacques HAMEL, des prêtres parfois prolongent leur service pastoral bien au-delà de l’âge de la retraite. Voilà pourquoi le père Marcel, qui portait en deuxième prénom celui de Régis, de saint Régis, est allé jusqu’au bout de ses forces pour révéler la Bonne Nouvelle de l’Évangile. A Montregard, nos ancêtres eux-mêmes ont entendu les prêches de saint Jean-François Régis, cet infatigable marcheur de Dieu. Confions donc à la prière de cet apôtre du Vivarais celui qui vient de finir sa route ici au milieu de nous. Saint François Régis, priez pour lui et pour nous !

Montregard, le mercredi 11 avril 2018




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